DE LA BELGIQUE AU TROPHEE PASSION

Après une année 2006 riche en kilomètres, j'envisage une année de récupération en me donnant  comme objectif de participer à la grande classique Liège Bastogne Liège.

Cet hiver  fut nettement moins rude que l'année précédente et c'est avec beaucoup d'entrain que je reprends mon vélo début décembre, en me fixant un cumul de 5000 Kms pour mon grand rendez-vous du 27 mai. 

Les  premières courses en catégorie 2 vont m'aider à retrouver le rythme nécessaire pour me sentir à l'aise dans les à coups et pouvoir affronter les premières bosses. Je ressens bien que chaque course me fait progresser. Je vois bien les bons coups partir, malheureusement je n'ai plus les moyens d'y participer, … pour l'instant. 

Le rythme acquit, il me reste à progresser en endurance pour affronter les 237 Kms de Liège Bastogne Liège. Je décide donc de m'inscrire à trois cyclosportives :

La 77, la Blé d'or et la Roger Walkowiack, les deux dernières comptant pour le Trophée Passion. 

Me voilà propulsé au 27 mai et au départ du 36 ème Tilff  Bastogne Tilff en compagnie de mon petit frère et de Fred (Lalevée). Tilff est située dans l'agglomération de Liège, ce qui facilite l'organisation de l'épreuve, mais nous prive de la fameuse côte des italiens que nous sommes allés reconnaître, vous n'en doutiez pas. 

Avec ses 8000 participants (90 % d'étrangers), il est facile de ce glisser d'entrée dans un groupe à notre portée. Passé le Km 18 et la côte de Oneux avec ses 16 % nous voilà chauds.
 

Une pluie torrentielle s'abat sur les coureurs. Parfois, une visibilité d'à peine 100 mètres compliquait notre progression. Fred se refroidissant éprouve le besoin d'appuyer un peu plus pour se réchauffer et prend le large. Nous ne le reverrons qu'à l'hôtel.
Cette pluie battante ne nous quittera plus jusqu'au Km 200. Au contrôle de Bastogne (Km 97), de connivence avec le p'tit frère, nous nous mettons à l'abri quelques instants pour retrouver nos esprits. On se demandait bien ce que nous faisions là, toutefois nous étions heureux. C'est çà le vélo.
  


Les points de contrôle et de ravitaillement nombreux et de qualité permettaient de retrouver enthousiasme et courage pour poursuivre notre périple.

Après avoir passé, entre autres, la côte de Wanne (13%), la côte d'Amermont (21 %) la côte du rosier (12%), la côte de Maquisard (10%) le peloton commence à ressentir des frissons aux abords du Km 200. On ne parle plus que de la "redoute". Par miracle la pluie cesse.
 

 On y est : le passage sous l'autoroute  nous  donne un aperçu du monument.  Le tronçon  qui longe l'autoroute, qui  m'apparaissait  plat lors de la  retransmission télévisée de la  course  des Pros, affiche un 13 %.


Malgré la difficulté, un réel plaisir m'envahit. Que du bonheur en franchissant ses deux secteurs à 20 %. J'ai encore en mémoire l'attaque de Bettini il y a quelques semaines. Bravo Messieurs les Pro pour le rêve que vous nous apportez.
 

La ligne franchie, et après avoir dégusté une bonne Krik, nous rejoignons notre hôtel via le pont Effel de Tilff et gravissons une côte de 3 Kms à 6 % … en toute décontraction bien sûr.

TROPHEE PASSION, Pourquoi me direz-vous ?

Tout simplement du fait qu'après ma participation aux 2 épreuves (blé d'or et Walkowiack, sans avoir participé à la côte picarde, première épreuve du trophée), je me retrouvais second au classement dans ma catégorie d'âges (50-60). Il n'en faut pas plus pour me donner un second objectif ! ! ! 

•   La Blé d'Or (dimanche 13 mai) : Eure-et-Loir

    La plus chanceuse : trombe d'eau 15 minutes avant le départ ; bourrasque dans le dernier Km.

•   La Roger Walkowiak (jeudi 17 mai) : Allier

    La plus arrosée : Pluie et vent au menu. Les descentes se font sur une couche d'eau indescriptible. 171 Km affichés. Passé ce kilométrage, un panneau m'annonçait l'arrivée à 20 Kms ; moral dans les chaussures. Grâce aux prouesses de l'organisateur nous rejoignons la ligne en contournant certains secteurs encombrés par les arbres qui se sont abattus sur la route. C'est épuisé que j'ai le plaisir de prendre ma douche, chaude cette fois.    

•   Le Triangle du Doubs (samedi 2 juin) : Doubs

    La plus surprenante : l'objectif est d'aller chercher le maillot de leader dans ma catégorie, avec seulement 8 points de retard. Mission accomplie. Sur des routes superbes, bataillant ferme pour faire un chrono, le peloton dans lequel je me trouvais eu la surprise de se voir arrêter par la gendarmerie Nationale. Nous étions en infraction pour rouler à plus de deux cyclistes de front. Après une morale de quelques minutes, nous sommes autorisés à remonter en selle, accompagné d'un nouveau peloton qui nous avait rejoint. La tolérance n'est plus ce qu'elle était. Ayons une pensée d'encouragement pour tous ces bénévoles qui oeuvrent dans la douleur pour nous organiser de belles épreuves.

•   La Lily Bergaud (dimanche 10 juin) : Cantal

    La plus courte : avec ses 143 Kms, à vive allure nous nous dirigeons vers  l'ascension du fameux Pas de Peyrol en provenance de Salers. Même si ce versant n'est pas le plus pentu, la difficulté égraine très rapidement les cyclos. Du chacun pour soi comme on dit. Le bœuf à la broche est l'originalité de cette épreuve qui permet très vite de retrouver du mollet.

•   L'Antonin Magne (dimanche 8 juillet) : Cantal

    La plus panoramique : le cantal est sans nul doute une terre de vélo. Les organisateurs nous offrent un circuit splendide. Pour moi, je retiendrai le panorama merveilleux offert par la vallée qui mène au Pas de Peyrol par son versant nord. Un contraste de couleurs surprenant sur les pentes ensoleillées de la montagne.

•   Courir pour la Paix (samedi 4 août) : Côte d'Or

    Le départ le plus rapide : après avoir neutralisé la première difficulté, ce qui nous permet une mise en jambe progressive, l'organisateur nous lâche sur un secteur en léger faux plat descendant. Le compteur tangente  les 83 Km/h. Cette épreuve à but humanitaire (Nagasaki et Hiroshima) est un aller-retour dans le Morvan avec ses pentes qui n'arrêtent pas de se succéder et rendues particulièrement difficile par la chaleur (le seul jour vraiment ensoleillé du mois d'août). Je retiendrai l'accueil original au château de Chailly où le départ fût donné après la bénédiction et la lecture d'un message en faveur de la paix.

•   L'Etape Sanfloraine (dimanche 19 août) : Cantal

    Le meilleur souvenir : outre le circuit magnifique, cette épreuve m'a permis d'avoir la fierté de côtoyer Bernard Hinault, d'abord sur la ligne de départ, puis sur une distance d'environ 40 Kms dans un peloton emmené par le Blaireau en personne. Quel coup de pédale, quelle fluidité dans les trajectoires.
 

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•   La Louis Pasteur (dimanche 26 août) : Jura

La plus réjouissante : cette épreuve, pas aussi facile que prévu sur le papier, m'a permis de découvrir une région que je ne connaissais pas. Largué dans une bosse (15 %) à 50 Km de la ligne, je remercie un cyclo local qui m'a permis de rentrer dans les points.

 

C'est un grand moment d'avoir le plaisir de recevoir des mains de Bernard Hinault, mon maillot final du Trophée Passion 2007.


A  Mauriac (cantal) le 6 octobre, le trophée Passion s'est clôturé par la remise des prix Les organisateurs des différentes épreuves et les lauréats ont partagé un déjeuner traditionnel avec le pavé de bœuf de Salers. Un moment chaleureux qui fut l'occasion de parler de quoi ? … De vélo bien sûr.

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Cette année 2007 que je voulais de récupération après mes 15 000 Kms de l'année précédente, fut pour moi une période riche en efforts, remplie de plaisirs et de souvenirs. Le moins facile à gérer fut sans nul doute la récupération entre chaque épreuve. Il me tardait de finir ce trophée car je ne le cache pas, j'ai eu beaucoup de mal à finir, parfois envahi par le spectre de l'abandon.

Sans faire de publicité, allez sur ce trophée passion, des épreuves où j'ai rencontré des organisateurs passionnés de vélo qui vous accueillent en toute simplicité et qui vous donne le plaisir que vous recherchez.

Allez, c'est promis, l'année 2008 sera une année de récup…