2006 mon année exeptionnelle

 

                                                
                                                 Des objectifs ambitieux : Tour des Flandres - Paris Roubaix - Bordeaux Paris

 


PREPARATION

 

Le Tour des Flandres "Ronde  Van Vlaanderen" programmé le 2 avril, est une épreuve réputée difficile, j'envisage donc pour être à l'aise une préparation de 4000 Kms.
Motivé par mes objectifs, je déploie mes premiers coups de pédales début novembre avec un moral d'enfer…le Nord et ses pavés sont dans huit mois … La pluie, le vent, le gel, la neige, rarement le soleil, me durcissent le physique pendant ces cinq mois de préparation.
De mémoire de cycliste, je n'ai jamais commencé une préparation aussi tôt.
En février, une baisse du moral tentait de me ralentir dans mon effort.

Patrick (Robinet), me rapporte les propos de Jean Ruel, notre Ex professionnel de Vailly sur Sauldre qui a participé avec brio à deux reprises au Tour des Flandres, "tu diras à ton copain qu'il se prépare bien pour le Tour des Flandres… il se reposera dans le Paris Roubaix".

Me voilà prévenu des difficultés qui m'attendaient.

 


TOUR DES FLANDRES

 

Tour des Flandres -2 avril 2006 -06h30 : Cà y est,  me voilà au pied de cette épreuve mythique. Brugge, il fait encore bien nuit, le ciel est très chargé.
Le podium, monté pour les professionnels du lendemain, dominait les 16000 cyclos prêts à en découdre sur les 260 Km du parcours et ses 17 "Bergs"
L'allure réduite des 20 premiers Km permettait un échauffement en douceur.
Brusquement, un vent violent de travers accompagné d'une pluie torrentielle, nous obligeaient à nous organiser très vite en bordure. La galère était bien au rendez-vous. Elle ne faisait que débuter.
La formation d'un peloton d'environ 400 unités m'a permis de faire les 140 premiers Km dans de bonnes conditions. Un secteur pavé de 1200 mètres m'éveillait quant aux premières difficultés. J'ai vite appris ce que voulait dire "tenir le haut du pavé".

Kilomètre 145 : çà y est !!! Les voilà les Monts pavés à l'ancienne – tout à gauche (30/21) - virage à 90 ° - le MOLENBERG se dresse devant moi avec ses 14 % et ses 460 mètres. Une bonne mise en jambes finalement.

 

A l'issue de l'ascension une route étroite plongeante nous ramène vers le second, etc. etc.
Kilomètre 185, la côte tant attendue : KOPPENBERG
IM PRE SSIONNANT
. Après quelques hectomètres, alors que l'eau ruisselante rend le pavé glissant, je m'accroche à mon guidon et essaie de porter un maximum sur la roue arrière, mais … inévitablement, je suis contraint violemment de mettre pied à terre au niveau des 22 %.
Un moment inoubliable du Tour des Flandres.

Kilomètre 197, EIKENBERG 11 % - Impressionnante l'équipe LIQUIGAS en reconnaissance du parcours. J'ai cru reconnaître ZANINI. Ils m'ont mis au moins 800 mètres sur les 1200 mètres que compte cette côte n° 8.

Km 242, un autre monument : Le MURR deux haies de spectateurs m'obligeaient à me surpasser.

Au sommet, je rejoignais Fred Lalevée (mon neveu) bien connu des UFOLEPIENS du CHER, venu à ma rencontre.

 

Km 246, Une halte "photo souvenir" au pied du BOSBERG  et ses 20 %

Bien calé dans la roue de Fred, je rejoignais  l'arrivée après 08 h 30 de selle.

Une dernière émotion et un frémissement en franchissant l'arche d'arrivée où de grands noms du cyclisme ont signé de belles victoires, dont Tom Boonen le lendemain.

Pour moi, c'est finalement une belle victoire d'avoir pu terminer cette chevauchée fantastique.
Le lendemain Fred et moi poursuivons la fête dans le vieux KWAREMONT en applaudissant nos idoles, les pros, mais là, c'est quand même plus facile …

La pression retombait ; il fallait que je reste concentré pour atteindre mon 2 ème objectif.

Pas facile cette transition, d'autant qu'une interruption inévitable de 15 jours fin mai, m'a ramolli les mollets. Ma participation à la "Claudio CAPPUCCI" m'a toutefois redonné un peu de rythme. Rouler aux côtés du toujours sympatique Claudio et de Robert Alban reste pour moi le temps fort de cette cyclosportive qui vaut le détour.


PARIS - ROUBAIX

– 11 juin 2006-07h30 : Avec Bernard (Baboin) nous rejoignons le départ à Cambronne les Ribécourt.

La préparation des vélos n'est pas sans surprise. Crevaison de Bernard !  en gonflant tout simplement sa roue arrière. Une bonne partie de rigolade avec mon frère Dominique qui assurait l'assistance. Il en faut de l'assistance sur cette épreuve ….Je reste toujours impressionné par le nombre de bidons, pompes, sacoches tombés sur le pavé.
Bernard et moi égrainons les 100 premiers Kms à vitesse soutenue. Un peloton d'une centaine d'unités se forme et nous rend la tâche plus facile.

Km 97 - secteur "les trois villes" Les pavés tant attendus… sont bien là, au cas ou j'en aurais douté.

A vive allure (30 /32 km/h pour 50/17), j'aborde les premiers secteurs.

Mon vélo bien préparé par notre ami Kwoinch, en particulier par la pose d'une guidoline adaptée et des pneus de 25, se secouait dans tous les sens. Une ampoule à la main droite se formait ; la douleur devenait insupportable une fois cloquée.

La répétition des secteurs pavés à l'ancienne, comme dans le Tour des Flandres, les faux plats ventés, le soleil accablant, la poussière, le kilomètrage, me ramènent très vite à la réalité.

Quelqu'un m'a dit  : " faut mettre du braquet" C'était peut être vrai … je ne pouvais plus en remettre.

Alors que Bernard survolait le haut du pavé, moi avec maintenant mon 42/20, je m'enfonçais lourdement dans les interstices  à la vitesse vertigineuse de18 à 20 km/h.

J'étais bien dans l'Enfer du Nord

La partie émouvante de cette épreuve fut sans nul doute, la TRANCHEE D'AREMBERG. J'avais cru comprendre qu'elle avait été refaite …. HEU REU SEMENT, une difficulté quasi insurmontable pour se maintenir sur le pavé pendant ses 2400 mètres.

Comme l'on dit : "j'ai payé pour faire du pavé ; pas question d'aller sur les bas côtés"

Alors que mes forces s'amenuisaient au fil des Km, je rejoignais péniblement le vélodrome en 9h20, grâce notamment aux nombreux ravitaillements copieux répartis judicieusement sur le parcours.

Bravo les organisateurs du VC ROUBAIX pour l'attention que vous portez à vos cyclos.

Mais ce n'est pas fini ; quelle  émotion de prendre ma douche dans le box de BALERINI, mon idole.

Quinze jours pour me remettre et voici déjà  mon troisième objectif.
 

                         BORDEAUX - PARIS

– 24 et 25 juin 2006 – objectif que s'était également fixé mon club l' A .S.E.A.BOURGES.

Le club avait décidé de faire 3 groupes : un groupe dont l'objectif était de boucler le parcours en 35 h,  un groupe en 27 heures et un groupe de coureurs bien décidés à faire un "chrono".

Nous rejoignons la ligne de départ. J'éprouvais beaucoup d'appréhension quant aux 622 Km à parcourir, ayant toujours à l'esprit les difficultés que j'avais dues affronter dans mon Paris Roubaix.

Tout naturellement, j'envisageais de pédaler avec le groupe des 27 heures.

Parti à vive allure dans un peloton groupé de 400 cyclosportifs, je faisais face aux premiers Km sans trop de difficulté. Mon esprit compétition aidant, je me retrouvais rapidement avec les cyclosportifs qui voulait faire un chrono, emmené par Christophe (Vilpellet) qui gagna l'épreuve d'une bien belle manière avec ses 2 compagnons d'échappée – bravo Christophe pour ce bon esprit qui t'imprègne – et notre Jean Jacques (Robinet) qui n'hésita pas un seul instant à mener le peloton.

Je pédalais vivement mais avec toujours à l'idée de rejoindre le groupe ASEAB des 27 h au premier ravitaillement.

Finalement, à la sortie du premier ravitaillement (RUELLE - Km 140) où nous attendait Maurice (Rasfestin) et Jacques (Borderieux) pour nous passer la musette, une côte m'incita à aider Jean Jacques à rejoindre le groupe de tête qui se trouvait quelques hectomètres plus loin. Et voilà comment je me suis retrouvé devant.

Un peloton d'une vingtaine de cyclos se formait, accompagné jusqu'à Paris par une voiture ouvreuse et 2 motards. La sécurité était assurée et cela nous permettait de franchir les villes à vive allure sans être obligés de s'arrêter aux feux rouges, stop et autres.

Des cyclos évoquaient leurs périples tels que le Paris Brest Paris, Bordeaux Madrid, bref des gars qui ont du jarret.
J'appréhendais l'arrivée de la nuit ; une première. Le groupe restant homogène me donnait raison d'espérer rester avec eux. Nous traversions la Sologne avec une fraîcheur qui, somme toute restait agréable, et me tenait bien éveillé.

A Châteauneuf sur Loire (Km 503) j'avais rendez-vous avec mon frère Dominique, toujours prêt à me soutenir dans l'effort, qui avait décidé de m'accompagner jusqu'à Paris. Nul doute que ce rendez-vous m'encouragea tout au long de la nuit, et le rejoindre fut pour moi un soulagement. J'étais encore là…

La fatigue se faisait sentir avec les kilomètres qui défilaient (560 km au compteur) - Profitant d'une baisse de régime du groupe qui côtoyait malgré tout les 35 à 40 Km/h, Jean Jacques qui avait des ressources à revendre, pris le large pour finir à une très jolie 15 ème place.

Au Km 600, venant tout juste de faire remarquer ce kilométrage à un de mes compagnons de route et après avoir franchi l'avant dernière difficulté, 3 cyclos glissent sur la chaussée humide et malheureusement je n'ai pas pu les éviter. Décidément, après le Paris Nice 2004, me revoilà de nouveau à terre.

Après avoir été sonné, une tache de sang provenant de ma tête répartie sur le bitume, l'organisateur décidait d'appeler les pompiers. Transporté aux urgences d'Etampes, et après les premiers examens, je me retrouvais dans une situation qui n'était pas si mal que cela. En effet, la gentillesse des infirmières … et du docteur, une bonne collation,  une douche chaude et un repos compensateur n'étaient plus pour me déplaire.

Déçu ? Finalement non… mon objectif (moins 22 km) était atteint malgré tout, avec une bonne surprise quand j'ai consulté mon compteur et découvert que j'avais accompli le parcours à 34,8 km/hde moyenne. Jamais je n'aurais imaginé, à la sortie du Paris Roubaix, pouvoir le faire dans ces conditions.

Je remerciel'équipe dirigeante de mon club l'A.S.E.A.BOURGES qui s'est donné sans compter pour organiser ce périple et nos accompagnants qui se sont relayés pour affronter les Km – certains non pas hésité à écourter  leur nuit pour renforcer l'équipe à Salbris.

Un Bordeaux Paris çà se prépare, déjà mentalement, mais c'est aussi ce que m'a donné le club : organisation des transports, hôtel, ravitaillement, logistique sous toutes ses formes. Je n'avais plus qu'un seul souci : pédaler

Ce récit, c'est le mien bien sûr, vu de ma petite fenêtre, mais c'est aussi une infime partie des temps forts qu'a vécu  l' A.S.E.A.BOURGES.

Dans ma tenue de "Chirurgien" qui m'a été remise pour sortir de l'hôpital, j'ai pu découvrir l'émotion de chacun, hommes et femmes, d'avoir vaincu ce Bordeaux -Paris 2006.

Merci pour ce que vous m'avez apporté.

Pour terminer cette année 2006 bien chargée, quelques courses telles  Brinay, Adon, St Laurent et Marçay avec des parcours judicieusement tracés par les organisateurs toujours aussi soucieux de garantir la sécurité des coureurs que nous sommes, me redonnent un peu de rythme pour m'offrir le 17 août, avec mon p'tit frère, la cerise sur le gâteau

             La Bernard HINAULT
Parcours très exigeant de 230 Km en Côtes d'Armor.

Quelle satisfaction de rouler sur des routes longeant la mer et bordées d'espaces recouverts de bruyère, donnant à ce paysage une couleur mauve sous un ciel bleu azur.

MER VEIL LEUX !

                                        Ma chevauchée fantastique sur ces parcours de légende s'achève ainsi . " çà donne envie … non! "