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Arrêtez le Massacre.
Il est 20 heures 30. Je sors des urgences de Vierzon. J’ai attendu 2 heures 30 dans la Salle d’attente, avec en face de moi le petit garçon de Laurent Lagarde. Il doit avoir 9 ou 10 ans. Il a embrassé son papa sur le brancard, dans le couloir des urgences. Maintenant il est la, avec ses grands parents, à prier dans sa tête chaque seconde, pour que son papa ressorte (dans sa famille il a déjà perdu un coureur : Yves Chevalier). Je sens dans son regard qu’il me demande de l’aide. D’ailleurs il cherche de l’aide partout …C’est long 2 heures aux urgences. C’est plus long qu’une coursette de bas étage! Laurent Lagarde ne pouvait plus bouger dans son brancard. Il se plaignait d’un mal au dos. Une femme vient de rentrer avec un sopalin plein de sang autour de la main, doigt écrasé. Moi, j’accompagne Hugues Danguy. Il est bien abîmé au bras et à la jambe, mais le temps passant il est surtout de plus en plus sonné par sa chute sur la tête et sa nuque devient raide. Je reçois un appel téléphonique, mauvaise nouvelle, Ludovic Guillouard qui était parti aux urgences de Bourges, a le poignet cassé. J’imagine l’émoi de sa femme (il vient de se marier la semaine dernière) et de ses petits gamins. Un homme arrive en boitant. Je repense à Yohann Dubreuil que j’ai soigné tout à l’heure. Le sang ne s’arrêtait plus de couler, même avec la compresse. Probablement le coeur qui doit taper encore vite …Je ne viens pas de réchapper à un attentat terroriste, je viens d’assister à un simulacre d’épreuve sportive, en l’occurrence une simili-course ufolep de 3éme catégorie. Catégorie ou si vous courez, le malheur vous guette depuis quelques semaines.Où la chute emporte au hasard ceux qui n’ont pas de chance. Serez-vous la prochaine victime ? Comme Alain Gagnevin à Saint Caprais (poignet et tête de fémur cassé), comme Louis Pereira à Saint Symphorien (traumatisme crânien), comme ceux de l’hécatombe de Vouzeron, ou comme tous ces anonymes qui ne disent rien. Mauvais concours de circonstance ? Mauvaise période ? Pas du tout. L’explication est simple. Cette année, le nombre de coureur en 3éme catégorie (144) est quasiment identique au total de toutes les autres catégories ! Dans ces conditions, il n’est pas rare de trouver 80 concurrents par course, voir plus. Et que trouve t-on dans cette catégorie fourre-tout ? Un mélange explosif d’individus aussi variés dans leur niveau sportif que dans leur expérience de la pratique du vélo. Des anciens combattants, des jeunes communiants, des vieilles gloires déchues, des grincheux, des gamins prétentieux, et surtout … des pères de familles soucieux. Il suffit à un novice d’aller chez le médecin, de prendre son dossard et de jouer les Mac Ewen. Sans même aucune consigne de sécurité, il peut sans le savoir, déséquilibrer un coureur, qui lui-même fera chuter le reste du peloton. Quand on sait la dextérité et la maîtrise qu’il faut pour manoeuvrer dans un peloton de 80 unités, on ne s’étonnera pas de voir autant de gamelles. Il n’est pas question dans nos structures de mettre en place des écoles de vélo, mais il faudrait réfléchir aux consignes à donner à un novice (et même aux autres). Car il y a des règles. On ne prend pas part à une course, quelque soit le sport, sans des notions de sécurité élémentaires. Qui dit règles dit sanctions. Combien de temps va-t-on supporter ces kamikazes qui traversent la route de tous les côtés, risquant la sécurité des autres ? Combien de temps va-t-on attendre pour leur dire, voir leur interdire, même provisoirement la pratique du gymkana en compétition ? A Vouzeron, par exemple, tout le monde a vu le responsable à l’origine de la chute générale. Son numéro est clairement identifié. Visiblement, il a fait preuve d’une imprudence manifeste. Est-ce immoral de trouver ce coureur et de lui expliquer son erreur. De lui indiquer que l’on garde sa ligne en toutes circonstances. De lui mentionner que ce conseil vaut pour avertissement. Car ce sont toujours les mêmes individus qui provoquent et provoqueront les vagues ou les accidents. Je proposerai à la Commission d’instaurer une charte du « nouveau licencié » avec des règles et des sanctions mesurées mais dissuasives, applicables à tous, y compris les responsables de Club, dans le seul but de recouvrer une sécurité et une culture de la prudence à la hauteur du plaisir de courir en UFOLEP.
Modifions rapidement les comportements.
Il y va de la santé, peut-être même, j’en ai peur, de la vie …
Messieurs de 3éme catégorie, soyez responsables, arrêtez le massacre…
Thierry PERRAUDIN
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