COSTA-BRAVA

                                                  AVRIL 2004
Entre mer et sommets des montagnes,  je ne connais pas meilleur endroit pour faire du vélo.
Je suis ici dans l'ascencion du col du SAN PERE, point final d'une semaine idillyque à ROSAS, en ESPAGNE.
Une semaine complète consacrée presque entièrement au vélo, dans le cadre d'un stage organisé par CINQUANTE-TROIS-DOUZE.
Je ne suis pas ici en train de faire de la publicité pour cette société, je n'y ai aucun intérêt.
J'ai juste eu envie de vous faire partager à travers cette page, un moment de pur bonheur.......entre mer et montagnes.

L'hotel St MARC où nous sommes hébergés est situé à 200 mètres de la plage.Un grand garage est aménagé spécialement pour les vélos juste en face. Pour y accéder en dehors des heures d'ouverture "officielle" il faut récupérer l'unique clé disponible à l'hotel, en échange de son nom.
La sécurité des vélos  semble y être assurée. On nous demande malgré tout de les attacher à l'intérieur du local et d'enlever les compteurs. Il y a des indélicats partout, même chez les cyclistes.
Je n'ai toutefois ressenti aucune inquiétude particulière concernant la sécurité de mon vélo pendant le séjour.

Notre  première sortie à vélo se déroule le dimanche à 14 heures, soit au lendemain de notre installation à l'hôtel. Je m'étais inscrit dans le groupe Numéro 2, celui des Cyclosportifs, mais l'organisateur nous averti lors du briefing de bienvenue, que le goupe des Top+ est trop limité en nombre (cinq) et que pour équilibrer les groupes, onze Cyclosportifs sont "désignés volontaires" pour monter d'un échelon. J'en fais partie. Je n'ai pas eu à regretter ce changement.

Il m'a permis en fait de rouler durant tout mon séjour sous la responsabilité d'un capitaine de route hors pair, en la personne de Jean-Micel RICHEFORT. On ne présente plus ce Professeur de Sport, Conseiller Technique auprès du Ministère des Sports et Collaborateur du magazine Cyclo Passion tant il fait partie du paysage cycliste national.
Pour la petite histoire, Jean-Michel RICHEFORT a participé (sur invitation de Gérard DUBOIS, président de l'ASEAB) à la course UFOLEP de Vignoux sous Les Aix en 2003. Il a terminé deuxième en première catégorie.
Durant toute la semaine j'ai pu apprécier (et appliquer) les conseils avisés de ce maître ès-cycliste. J'ai également apprécié la gentillesse de l'homme ainsi que sa grande disponibilité.
Je tiens à lui rendre hommage aujourd'hui. Merci champion.

La première sortie a pour objectif de vérifier l'harmonisation des groupes (trois groupes, plus les cyclos "Liberté"-ceux qui préfèrent effectuer librement ballades et randonnées découvertes touristiques dans la région de Salvador Dali-)
A tout moment chacun est libre de changer de groupe.
Le coup de pédale de mes collègues du groupe Top+ s'avère rapidement homogène et très efficace malgré les bosses du parcours. Visiblement l' organisateur n'a pas ré-équilibré les groupes au hasard (il l'a fait d'après les dossiers d'inscriptions précisera-il) La moyenne d'âge avoisine les 45/50 ans mais cela n'empêche la moyenne kilométrique de la sortie de dépasser le trente kilomètre/heures sur les 80 bornes de ce premier parcours assez vallonné.

Le lundi je décide de ne pas effectuer la sortie de 90 kilomètres. Je me connais bien et je sais que si je ne veux pas revenir fatigué de mon séjour je dois gérer mes efforts. J'ai besoin de récupérer plus que d'autres. Mes collègues reviennent bien entendu enchantés de leur sortie.

Au programme de la journée: grasse matinée et promenade avec ma petite femme sur la plage.
L'après-midi je choisis une des nombreuses options proposées (moyennant finances) par l'organisation : l'étude posturale. Objectif, définir ma position énergiquement optimale sur le vélo.
Cette étude est réalisée par un ingénieur en ergonomie du sport, coureur et entraîneur, Matthieu PAPIN.

Nous avons tous été impressionnés lors du briefing d'accueil, par la présentation que nous a fait de sa spécialisation ce jeune ingénieur. Nous sommes nombreux parmi le groupe à vouloir vérifier et modifier notre position sur le vélo.
Cela passe par une prise de cote très pointue, effectuée dans une cabine spécialement conçue à cet effet.
A partir des résultats obtenus Matthieu PAPIN détermine la géométrie du cadre adaptée à la position du cycliste et lui règle son vélo au plus près de la position idéale, sur place. A charge ensuite au cycliste d'aller voir à son retour en FRANCE son vélociste, pour changer si nécessaire certains accessoires (potence, manivelles, guidon etc...) pour affiner la position.

Objectif recherché : améliorer le confort, le transfert d'oxygène, le rendement énergétique et l'aérodynamisme.

En complément de cette étude, Matthieu PAPIN propose la réalisation de semelles sur mesure. Ces semelles destinées à remplacer les semelles de propreté existantes, sont moulées puis réalisées par thermoformage, sur place.
Le confort de telles semelles est indéniables et elles offrent l'avantage de répartir la puissance dégagée par le mouvement de pédalage, sur l'ensemble du pied. D'où restitution optimale de la puissance par le couple pied/chaussures.

Matthieu PAPIN est présent à ROSAS en alternance avec Robert GAUTHIER, ingénieur en ergonomie et Président du Centre Médico Sportif de Lyon. 
 

Mardi, sortie de 110 kilomètres dans l'arrière pays montagneux. Au programme, toujours sous le capitanat de Jean-Michel RICHEFORT, organisation de relais et travail en intensité cardiaque maximale.
Pour le travail des relais, le groupe est divisé en deux sous-groupes de huit coureurs et durant deux fois dix kilomètres assez plats, les chevaux sont lachés. Le compteur s'affole.
Le travail en intensité cardiaque maximale se déroule dans l'ascencion des petits cols. Le but est d'apprendre à rouler au maximum de ses possibilités durant de courtes périodes, de récupérer et de recommencer l'exercice à plusieurs reprises. Progression garantie.

Gilbert ALBERELLI
Le masseur présent
pendant toute la durée du séjour. Il s'occupe de l'équipe professionnelle RAGT

Le mercredi est la journée de repos voulu par les organisateurs. Le stage ne doit pas ressembler à un parcours du combattant. Le qualitatif doit l'emporter sur le quantitatif afin de revenir avec des batteries chargées.
Nous en profitons Odile et moi pour faire une petite cure de thalasso, dans un complexe proche de l'hotel.

Jeudi, sortie de 105 kilomètres sur un parcours assez plat. Au programme de stage du groupe Top+ est prévue une séance de débloquage derrière derny. Cette séance spécifique est réservée aux cinq cyclos ayant souscrit à cette option, mais nous profitons tous durant une bonne partie de la sortie, de l'abri du derny. C'est donc en une longue file étirée de cyclistes que nous parcourons l'arrière pays, jusqu'au moment où seuls les Top+ restent dans la roue du derny, pour leur séance intensive. Le pilote est Marc PACHECO. Fort de 25 années d'expérience avec le Vélo Club de Lyon Vaulx en Velin, les pros de Jean DELATOUR et plus récemment avec Samuel DUMOULIN, qu'il a conduit au titre de champion de FRANCE de demi-fond, Marc PACHECO est présent durant toute la durée du stage pour permettre aux volontaires de se débloquer lors de séances individuelles.

En fin d'aprè-midi, un moment fort du stage : le Forum de Cyril GUIMARD. On ne présente plus ce maître tacticien du cyclisme.
Il se livre, deux heures durant au feu nourri des questions les plus diverses. Il a réponse à tout, tant il est à l'aise dans cet exercice qu'il semble affectionner. Aucun sujet n'est tabou. La langue de bois il ne connait pas. Ses propos étant émis en réunion privée, je ne me sens pas autorisé à les retranscrire ici.

Vendredi, c'est la dernière journée de stage. Au programme, 80 kilomètres le matin (que je ne fais pas, grasse matinée de récupération oblige) et 40 kilomètres l'après-midi, avec l'ascencion du SAN PERE, montée sous forme de course.
Le départ s'effectue par catégorie d'âge et même si bon nombre de cyclistes déclarent ne pas attacher d'importance au résultat, très rapidement chacun dévoile son jeu. Le déroulement de la course est favorisé par une tramontane très fortement favorable, durant presque toute l'ascension.
Au final, le classement importe peu, chacun y trouvant des motifs de satisfaction. Celui d'avoir donné le meilleur de lui même dans cette ascencion, mais aussi tout au long d'une  semaine mémorable.
En guise de soirée d'adieu (au revoir plutôt) nous avons droit à la traditionnelle paëlla et au spectacle de Flamenco.