L’ A S E A B sur les routes de PARIS – BREST – PARIS
du 20 au
24 août 2007


par
Bernard GAGNERAULT

Il y a 2 ans environ (avant le dernier BPR ), Raymond et moi même soulevons l’idée de participer à cette épreuve un peu spéciale qu’est Paris - Brest – Paris. Puis silence radio.

Toutefois, Jeannine s’intéressait à savoir si des cyclos seraient partants pour le 90h ... (la mayonnaise commençait à prendre) .Les Jovin…, nous on fait les brevets… Jeannot à Maurice : si tu y vas, j’y vais …etc, quand à Jean-Jacques, toutes ces questions ne se posent pas.

L’aventure commence tout de même  par les différents brevets qualificatifs,( 200-300-400-600 km) qu’un certain nombre de membre du club ont effectués avec nous. Mission accomplie maintenant il ne reste plus qu’a concrétiser au mois d’août !!!.

Maurice «  drive » un peu l’affaire, nous comptons beaucoup sur son expérience (et sur les conseils de Jean-Jacques), prêt du véhicule par l’OMS, planning de route pour gérer vitesse et arrêts ravitaillement…Nous voici donc au pied du mur, et quel mur…
 



Nous sommes huit ce dimanche matin 19 août, à prendre la direction de St Quentin à bord d’un véhicule de l’E T B S (merci Gérard) pour effectuer les démarches administratives (retrait du dossier de route, contrôle des vélos…) Nous ferons la photo derrière l’une des banderoles de l’organisation et laisserons nos montures, la remorque dans l’enceinte de NEXTER à Satory.

Retour sur Bourges dans l’après midi ou nous allons essayer de passer une soirée relax…en famille.

 

Lundi soir. 16h, retour sur St Quentin avec Robert au volant du Jumper. à 20h, Jean-Jacques et Raymond s’élancent pour le 80h, dans une vague de 500 à 600 cyclos.

Pour les six suivants, nous ne franchirons l’arche de départ qu’à 22h45 au lieu de 22h, mais pour le 90h. 

Début tranquille, nous arrivons à rouler groupé… Jeannot crève 2 fois en 5 km et le ton monte…   « ça commence à me faire ch…., si je crève encore une fois, je rentre », « où ? » lui demande Momo, « à Bourges, c’est moins loin que BREST » lui répond Jeannot.

..et la pluie commence à tomber, LOUDEAC est à plus de 400km, Jeannine y va de sa crevaison, je casse son support d’éclairage. Pour Maurice, Colette et Jean-Pierre RAS.

Dur, très dur, la pluie et le vent ne nous quittent pas et il doit en être de même pour les deux de devant.
 

Mardi soir.Arrivée à LOUDEAC … Surprise !!! avec Gilles et Patrick , il y a Raymond !!! Trop vite isolé, seul avec des conditions météo exécrables…. des étrangers pas trop coopératifs, le moral et le physique n’y sont plus, il abandonne.

Après un repas pris sur « les caisses » (merci G et P) nous passons une courte nuit à essayer de récupérer (toilette express !!!).

Mercredi. Réveil à 2h30 pour un départ à 3h, direction BREST via CARAIX ,le roc de Trévezel et retour (350km environ). L’arrivée sur Brest n’est pas des plus facile, comme toutes nos points de contrôle d’ailleurs, toujours en haut d’une bosse.

Nous sommes sur le retour ; pour certains la position sur le vélo commence à poser qq problèmes (les mains, la nuque, les reins, les fesses ect…) Le vent devient moins gênant que sur le trajet « aller » ; chose importante, nous avons le soleil avec nous depuis 50 km, hélas cela ne va pas durer bien longtemps.

 

De temps en temps nos amis internautes prennent en direct qq nouvelles, c’est réconfortant.

La pluie étant à nouveau là, le retour sur LOUDEAC n’est pas plus facile que l’aller.

A ce point de contrôle, c’est Daniel et Jeanine qui nous attendent, (Gilles et Patrick assurant l’accompagnement de Jean-Jacques). Une douche nous rend un aspect à peu près correct, nous sommes prêts pour un bon repas et un repos de 3h.
 

Jeudi matin. Il a plu toute la nuit, bonjour l’humidité pour s’habiller et repartir. Pour clore notre passage à Loudéac, notre réveil et une partie de la nuit ont été accompagnés par une charmante spectatrice qui a applaudi tous les concurrents arrivant au contrôle…cela pour vous signaler que tout au long de notre périple nous n’avons cessé d’être encouragé quel que soit le moment et l’endroit (nuit et jour).
 


 


Direction Mortagne, Maurice commence à s’inquiéter pour Jeannine, sa position sur le vélo n’est pas de tout repos, ses muscles du cou ne tiennent plus sa tête, après Villaines, nous marquons plusieurs arrêts pour réconforter Jaja. Maurice lui confectionne une minerve avec un pneu et deux manchettes ; le remède se montre efficace mais ce n’est pas une finalité au vu du parcours restant…et la chute arriva, dans une nuit noire, une route qui ne rend pas, la fatigue…
 
 

Gérard et Léon (qui ont pris le relais de Daniel et Jeanine) sont prévenus (Mortagne n’est qu’à 5 km) Jeannine est emmenée vers l’hôpital ou une radio est effectuée, diagnostic: fracture du coude ; Jaja nous quitte à 150km de St Quentin.

Pour le contrôle de Mortagne les données ont changées, l’avance prévue par Maurice sur son plan de route est presque réduite à néant et le repos supplémentaire que nous espérions sera pour plus tard. Une nouvelle nuit réduite est passée sous les tentes.
 

Vendredi Matin.Réveils et levées difficiles, nous sommes fatigués, Jaja est restée sous la tente, le bras en écharpe.



 

Les dernières bosses du coté de St Quentin ne sont pas les bienvenues… j’en profite pour crever et qq km plus loin, Jean-Pierre trouvant certainement que cela allait trop vite, passe un tendeur dans sa roue libre !!! Ouf. St Quentin est devant nous et Jean-Jacques a cessé de tourner en rond !!!

Quelle arrivée, même dans les différentes épreuves auxquelles nous avons participée, nous n’avons jamais reçu pareil accueil, certains avaient les larmes aux yeux et le cœur très serré.

Que retenir de cette aventure :

Pour se lancer avant tout, plusieurs points importants :

-   une préparation physique et mentale au top,
-   un équipement à l’épreuve de la route tant sur le plan vélo que sur le plan cyclo,
-   se ravitailler très régulièrement, ne pas hésiter à prendre le potage aux légumes avec le petit déjeuner (c’est l’essence pour la route à faire)
-   ne pas se laisser «  embarquer « par des groupes  qui roulent plus fort,
-   et enfin :

Si vous voulez marcher fort le dimanche en course … faire une semaine à 1250 km sur le 39 et normalement, dixit Jeannot, « ça doit passer » !!!

Le groupe est reste soudé dans l’effort, merci Maurice pour le coaching, merci Jeannot pour tes relais dans le vent, rendez-vous est pris pour 2011 !!!!

             avant                pendant              arrivée                au retour